C'est quelqu'un qui connaît le prix de tout et la valeur de rien."
Il est grand temps d'arrêter de penser: fini le temps de théoriser, il faut laisser cela aux vieux intellectuels, tirer un trait sur les philosophies de tout ordre et de tout horizon pour ne plus réflechir, ne plus rêver, ne plus être. Aujourd'hui, je n'ai plus de nom. Alors on se plonge dans la fête, le plaisir et le luxe. Il ne fait pas bon de rouler dans cette voiture et la vodka a mauvais goût. Je veux m'éclater à tout prix, être à l'endroit où il se passe quelque chose dont les témoins tirent autant de jouissance que les acteurs, rire d'un rien, être froide et limpide, discrète et présente, désespérée et fatidique. Nous sommes en 2009, et je suis parfaitement consciente de l'existence d'un monde dont je ne veux pas faire partie. Je préfère mieux aller à la Coupole plutôt que d'alphabétiser les immigrés, connaître les nouveaux albums de rock que les derniers modèles de Kenzo. A votre avis, pourquoi les gens font la fête? Parce que dans l'espace d'une nuit, tout le monde est une star. Et qu'importe si dehors le jour va bientôt se lever. C'est surtout le lieu où la logique cartésienne cesse d'avoir cours: on peut tout faire, sauf penser. Ici, je danse donc je suis et le lieu de la remise en question de l'individu évolue du "est-ce que tu existes?" au "est-ce que tu es branché?". Bien sûr, on va trop loin. Bien sûr, on en fait trop. Mais de toutes façons, nous n'avons rien à perdre, puisqu'au départ nous n'avons rien. Mais comment pourrait-on combler ce vide? Il n'y a pas de solution... Qu'est-ce qu'il me reste? Mes frissons dans le dos et ma plaquette de Tranxène. Mais elle aussi est à moitié vide... Comme moi.

